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"Les Misérabilistes peignent les maux là où les mots deviennent inutiles"

 

 


Hommage au Misérabilisme

Francis Gruber a peu vécu : né à Paris en 1912, à l’aube de la Première Guerre Mondiale, il décède en 1948, quelques années après la Libération… Mais, déjà très jeune et gardant la mémoire d’une enfance dominée par la maladie, sa perception du monde se renforce à la lumière du prisme des difficultés à être. Ceci dit, il sait quitter les affres du quotidien et, comme tout individu souffreteux, fait fonctionner magistralement son imaginaire. D’ailleurs, ses maîtres sont Grünewald, Dürer ou encore Callot. Malgré tout, Gruber saisit l’instantanéité abominable de l’existence et le désespoir ambiant qui persécute l’humanité. Ainsi les Misérabilistes peignent-ils les maux là où les mots deviennent inutiles. Ce qui sera également l’implication sociétale de Bernard Buffet reprochée par certains… Pourtant, l’artiste n’est pas là pour se voiler la face. Il appartient à son époque. Si le citoyen travaille dur, la toile le restituera, si le ventre est creux, le pinceau n’y sera pas insensible, si la mélancolie règne, la couleur ou l’absence de couleur manifestera la solitude. Le Misérabilisme, c’est avant tout du vrai-self exposé pour ne pas oublier que rien n’est jamais acquis : il suffit de si peu pour que l’équilibre précaire disparaisse à jamais dans les abîmes abyssaux. On ne peut se passer du Misérabilisme car cet univers pathétique est, quoi qu’il en soit, l’univers familier du genre humain, creuset et germe – pour les plus optimistes – de l’évolution potentielle individuelle et collective.

 

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